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Image: Le 7 juin, il y avait une entrevue entre le ministre de l'Agriculture, les responsables du groupe OIKOPOLIS et les représentants de la coopérative BIOG.

OIKOPOLIS et BIOG rencontrent le ministre de l’Agriculture Romain Schneider

13.6.2019


L’entrevue commune du 7 juin a principalement porté sur l’objectif politique du gouvernement, qui entend augmenter la proportion d’exploitations agricoles biologiques à 20 % d’ici 2025. Actuellement, la superficie exploitée sur la base de critères écologiques ne représente qu’environ 4,6 % de la superficie agricole totale.

OIKOPOLIS et BIOG saluent cet objectif des 20 %. Il ne fait aucun doute que ce projet ambitieux transformera le paysage agricole luxembourgeois. Les responsables politiques comme les acteurs économiques et agricoles doivent prendre conscience de ce changement et être disposés à relever les nouveaux défis.

En tant que précurseurs du bio au Luxembourg s’appuyant sur 30 années d’expérience dans la création de valeur écologique à tous les niveaux, OIKOPOLIS et BIOG considèrent la transformation et la commercialisation de produits issus de l’agriculture biologique comme un enjeu crucial. Certes, les produits bio sont demandés et font l’objet d’une popularité croissante dans le pays. Cependant, l’honnêteté doit prévaloir face aux souhaits des clients, qui recherchent des produits aussi naturels et locaux que possible à des prix avantageux. En effet, pour un petit pays ne bénéficiant que de peu d’effets d’échelle en matière de production et de transformation de denrées agricoles, rivaliser avec des produits bio meilleur marché importés de l’étranger s’avère particulièrement difficile. Cette concurrence concerne aussi bien de nombreux produits secs, tels que les pâtes, les farines et les conserves, que les produits laitiers – et ce, malgré l’assortiment complet de produits laitiers et de fromages luxembourgeois de grande qualité proposé par la laiterie BIOG.

Le prix ne peut donc pas être le seul argument pour la commercialisation de denrées bio luxembourgeoises ! Si le monde politique a véritablement à coeur d’atteindre les 20 % escomptés, il s’agira plutôt d’associer tous les acteurs biologiques autour de cet objectif et de promouvoir la coopération solidaire tout au long de la chaîne de valeur écologique, de façon à en réunir tous les maillons : agriculteurs, transformateurs, commerçants et consommateurs finaux.

L’avantage compétitif du Luxembourg ne réside pas dans les prix, mais dans la qualité écologique et sociale de ses produits bio cultivés, transformés et commercialisés à l’échelle locale et régionale.

Et en parlant de prix : tant que les coûts réels du secteur agroalimentaire fortement industrialisé et motivé par le profit (comme l’érosion des sols, la perte en biodiversité et la contamination des eaux souterraines) seront purement et simplement externalisés, en d’autres termes, n’entreront pas dans le calcul des prix, le « conventionnel », malgré une prise de conscience grandissante, l’emportera toujours sur le « bio » dans le caddy du consommateur.

C’est la raison pour laquelle OIKOPOLIS et BIOG considèrent le « True Cost Accounting » comme une priorité politique majeure parmi tous les efforts visant à promouvoir une agriculture biologique respectueuse de l’environnement et durable.